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Dépêche publiée le jeudi 2 juillet 2009
Le problème du pilotage par la performanceLe problème du sens des indicateurs :
Les agents ne peuvent agir sur la progression des indicateurs qui dépendent d’éléments externes (taux de télédéclarants professionnel à mettre en relation avec le coût du certificat électronique –devenu gratuit par la suite- ou bien encore comme le comportement des contribuables s’agissant du taux de civisme fiscal). La contradiction des indicateurs Certains indicateurs donnent lieu à ce que les spécialistes appellent des injonctions contradictoires (taux de pénalisation du contrôle fiscal et taux de recouvrement des créances par exemple). Résultats de l’enquête CFDT - Questions de travail 2006-2007Filière gestion publique :
Filière fiscale :
La perversion des indicateursLe problème vient du fait que l’administration considère les indicateurs non pas comme de simples instruments de mesure, mais comme des objectifs en tant que tels, comme se suffisant à eux-mêmes. Leur nombre et leur poids structurent un mode de pilotage basé sur les indicateurs (l’objectif est d’atteindre une bonne mesure des résultats) alors que c’est un pilotage de l’activité qui importe (les missions ont-elles été remplies ? quelle analyse suite à l’atteinte ou non des objectifs ?). Souffrance, stress, démotivation : le pilotage par indicateurs fait des dégâts Les agents subissent de plein fouet les conséquences d’une politique de suppressions d’emplois. Les agents vivent aussi une contradiction qui crée un mal être au travail : l’amélioration de la performance et la productivité supprime leurs emplois. On leur en demande toujours plus en étant toujours moins nombreux et ils n’en feront donc jamais assez tout en étant en concurrence les uns par rapport aux autres ! Les cadres sont alors eux-mêmes pris dans une contradiction : comment animer et motiver des agents convaincus que leurs efforts servent à supprimer des emplois et rendent leurs conditions de travail plus pénibles ? Tout mesurer pour tout justifier et pour ne rien signifier Ainsi, si le nombre des indicateurs des contrats de performance est limité (20), tout comme ceux retenus au titre de la prime d’intéressement collective (12), les indicateurs répertoriés dans les applications « contrôle de gestion » est d’environ 250 et ceux utilisés localement peuvent être évalués à environ 650 ! Pour les agents, c’est une charge de travail supplémentaire car bon nombre d’entre eux sont réalisés par les agents eux-mêmes (tableaux de bord, nombre d’appels téléphoniques…). Parallèlement, les agents ont le sentiment que la hiérarchie ne répond pas à son rôle de soutien. Le pilotage par indicateurs nous dit comment on doit travailler. Certains agents en arrivent à masquer leur vrai travail, entraînant souffrance et mal-être. Pour les cadres, le suivi des indicateurs est chronophage et le « vrai travail » ne se voit pas. Le nombre d’échéances à traiter est trop important. Les journées de travail s’allongent et la pression augmente. La face cachée des indicateurs : le système de l’efficienceCe système a été mis en place par le département de la stratégie et de l’innovation (DEPSIS) de l’ex DGI et est toujours en fonction. L’efficience c’est l’efficacité en utilisant le moins de moyens possibles (en personnel par exemple) La CFDT dénonce cette méthode car rien ne sert de parler des indicateurs si l’architecture globale n’est pas remise en cause. Les conséquences sur les conditions de vie au travail des agents L’ex DGI utilise la méthode de l’efficience pour déterminer les suppressions d’emplois. Cette méthode repose sur le postulat que toutes les DSF doivent absolument converger vers un ratio d’efficience selon leur catégorie. Pour ce faire, l’administration a une méthode mathématique infaillible : les DSF qui sont les moins efficientes se voient réduire leurs effectifs plus que les autres sans tenir compte des conséquences humaines. Concrètement, lorsqu’un agent rentre d’un stage de formation, il voit sa charge de travail augmentée. Pourquoi ? A cause des suppressions d’emplois, mais également parce que les journées de formation ne sont pas décomptées pour adapter la charge de travail. L’administration anticipe le « retour sur investissement ». La même situation existe pour la non prise en compte du travail syndical. Le piège de la certificationNotre travail n’échappe pas au phénomène de la certification que connaissent toutes les activités (industrie, services…) avec, par exemple, les normes ISO. Quel est le but poursuivi ? Si les statistiques peuvent retranscrire l’aspect quantitatif du travail (combien de contentieux ? combien de rectifications ? combien d’actes ? etc.), il est beaucoup plus difficile de mesurer la qualité du travail. Ainsi, l’administration a-t-elle mis en place la certification (accueil, brigades de vérifications) afin de :
Quelle est la réalité de la certification pour les agents ?
Agir maintenant avec la CFDT1. Redonner sa place au travail des agents Pour réduire le poids des indicateurs de production et analyser le travail dans toutes ses dimensions, il faut mesurer :
En effet, comment par exemple peut-on se contenter de toujours avoir des objectifs atteints (ou pas) sans se poser la question de savoir si les moyens mis en œuvre ont été suffisants et dans quelles conditions ils ont été réalisés (stress, souffrance…) ?
Ainsi, l’administration ne pourra plus faire la sourde oreille et sera bien obligée d’entendre les agents. Nous pourrons dénoncer, agir et rendre visible ce qui est caché aujourd’hui : des collectifs d’agents qui ont d’excellents résultats atteints dans la souffrance. C’est avec cette méthode que l’on pourra juger les objectifs définis au regard des moyens et des conditions de travail. C’est à cette condition que le poids des indicateurs sera réduit et que l’on retrouvera le véritable sens du travail. Il ne faut pas en effet que les indicateurs portent un jugement sur le travail mais une simple indication de l’atteinte d’un objectif d’une mission. Ils doivent être remis en perspective par une analyse tenant compte des moyens et des conditions de vie au travail. 2. Ne pas faire reporter le poids et la responsabilité des indicateurs sur les agents Les indicateurs ne sont pas le problème des agents, mais de l’encadrement : c’est une question managériale. Le pilotage de l’activité doit impliquer :
Un bon exemple est celui de l’évaluation-notation (ou plutôt de pré-notation) : quand on ne veut pas parler du travail, de ses difficultés, on parle des indicateurs qui sont toujours opposables, d’une manière ou d’une autre, au travail des agents ou des cadres. 3. Reconnaître les responsabilités de l’organisation du travail et transformer collectivement des situations individuelles de souffrance au travail. Pour la CFDT, il faut :
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