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> Dépêche n°1587 : LA CFDT DOUANE A L’ASSEMBLEE NATIONALE
Pratique inhabituelle, M. CARCENAC, député du Tarn, membre de la Commission des Finances et rapporteur spécial du programme “Facilitation et sécurité des échanges” de la DGDDI pour 2012, et Madame CARON, administrateur adjoint de cette commission nous avaient proposé une rencontre ce 20 septembre. D’autres organisations syndicales au sein d’autres Administrations du Ministère seront également reçues, mais la CFDT sera la seule pour ce qui concerne la Douane. Nous nous sommes présentés à l’élu avec l’intention de faire valoir les missions de la DGDDI et les intérêts des personnels. Les réductions d’effectifs, les différentes missions, les rémunérations et divers problèmes subis par les personnels ont été évoqués. Une fois de plus, nous avons fait valoir à une personnalité politique la détérioration des conditions de travail et le recul du service public qu’impliquent les réductions d’effectifs, tout en soulignant les économies minimes qu’elles génèrent pour le budget de l’état (150 M€ pour toute la fonction publique d’État, dixit la Cours des Comptes ). Nous avons balayé les missions douanières que le député connaissait évidemment, en insistant sur l’utilité de notre action, notamment en matière de : • lutte contre les trafics illicites • respect des normes et protection du consommateur • service au public • fiscalité L’intitulé de la commission résume la complexité de notre métier. Nous avons insisté, en donnant des exemples, sur la tendance actuelle privilégiant très largement la « facilitation » au détriment de la « sécurisation » des échanges. Il est nécessaire de s’adapter à un trafic commercial exponentiel qui, de toutes façons, ne permet pas de réaliser des contrôles exhaustifs, mais il est abusif de laisser à penser que la reconquête du dédouanement chère à M. MONGIN, notre ex-DG, ne dépend que de la Douane. Tellement de facteurs pèsent sur les choix des opérateurs. Nous avons insisté sur notre rôle en matière de contrôle des normes, alors que la majorité de nos importations proviennent de pays pas toujours regardants sur le sujet. De même, nous avons souligné la nécessité de préserver une part d’initiative des agents dans ce domaine. Concernant le service public douanier comment ne pas évoquer la nécessité de préserver une présence douanière, y compris dans les départements ruraux ? En matière de fiscalité, nous avons souligné que certaines économies finissent par coûter cher au budget. Les incessantes pertes d’emplois entraînent des diminutions potentielles de recettes, ce qui en période de marasme est une hérésie. Ce sont autant de marges budgétaires dont se prive le gouvernement. Nous avons rappelé que la DGDDI a hérité de la DCPAF (direction centrale de la police aux frontières) la mission PPF et certains points de contrôles dans les ports et aéroports, sans les effectifs équivalents. Ceci est d’autant plus surprenant lorsqu’on apprend dans la presse que la PAF vient de réaliser une saisie de stupéfiants dans un camion venant de franchir la frontière espagnole et circulant sur un axe secondaire. Un berger du Tarn dirait ; “chacun son métier et les brebis seront bien gardées”. Le Rapporteur désirait connaître notre sentiment sur la PFR (Prime de Fonctions et de Résultats). Pour la CFDT, il s’agit d’une mesure dogmatique qui ne peut que nuire à la cohésion des équipes de travail et constitue un retour en arrière. Cette mesure est davantage porteuse de frustrations que de motivations. Un mot également afin de dénoncer la dictature des indicateurs, d’autant qu’ils sont essentiellement quantitatifs et peu qualitatifs. La souffrance au travail, les suicides, les accidents de service ont également fait l’objet d’échanges. Notre délégations a rappelé qu’il n’y avait pas de fatalité et que la formation professionnelle, le dialogue social étaient nécessaires pour apporter des solutions au malaise ambiant. A quand un indicateur bien-être au travail ? Sur tous ces sujets, nous avons cru percevoir une certaine convergence avec nos interlocuteurs. Il est de notre rôle de porter notre vision de la Douane et de l’intérêt des agents qui la composent. Si des élus partagent, même en partie, nos analyses, tant mieux. Pour autant, nous savons que les décisions se prennent à l’Élysée et non pas dans les sphères de nos assemblées. Les discours gouvernementaux sur le sujet qui nous intéresse laissent peu de place à l’espoir pour l’instant. Paris, le 22 septembre2011 |
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